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Utilisation de l'encens pontifical durant une messe

Il y a une odeur que tout catholique reconnaît instantanément, cette fumée blanche, chaude, légèrement résineuse qui monte du thuribule balancé par le diacre à l’entrée de la messe solennelle. C’est l’encens pontifical. Pas un bâtonnet parfumé à la rose, une résine naturelle brûlée sur charbon ardent, héritée du Temple de Jérusalem, utilisée sans interruption dans la liturgie catholique depuis deux mille ans.

Qu’est-ce exactement que l’encens pontifical ? Comment est-il composé ? Pourquoi « pontifical » ? Comment choisir le bon pour sa paroisse ou son usage personnel ? Voici tout ce qu’il faut savoir.

Encens pontifical : qu’est-ce que ce mot signifie ?

Le terme « pontifical » vient du latin pontifex, le prêtre, le constructeur de ponts entre les hommes et les dieux. Dans l’usage catholique courant, « pontifical » qualifie ce qui relève de la liturgie solennelle, présidée par un évêque ou célébrée avec un apparat particulier, la messe pontificale, le rite pontifical.

L’encens « pontifical » désigne donc l’encens de qualité supérieure, utilisé lors des célébrations liturgiques les plus solennelle, messes cathédrales, cérémonies épiscopales, Semaine Sainte, grandes fêtes de l’Église. Par extension, le terme est aujourd’hui utilisé par les fabricants pour désigner leurs mélanges de résines naturelles de haute qualité, distingués des encens industriels parfumés chimiquement.

Il ne s’agit donc pas d’un encens « réservé au pape », mais d’un encens de tradition liturgique authentique, composé de résines naturelles selon des formules transmises de génération en génération, souvent par des abbayes ou des maisons d’encens spécialisées.

 

Que contient l’encens pontifical ? Les résines sacrées

L’encens pontifical est toujours à base de résines naturelles, des gommes produites par des arbres blessés, récoltées et séchées avant d’être transformées en grains ou en larmes. Voici les résines principales qui entrent dans sa composition.

L’Oliban (Boswellia sacra), le franc encens

C’est la résine fondatrice, celle que les Rois Mages offrent à Jésus à la Nativité, celle qui brûle au Temple de Jérusalem depuis l’Exode. L’oliban est produit par le Boswellia sacra, arbre poussant dans la péninsule arabique, en Éthiopie et en Somalie. Sa résine, une fois brûlée, dégage un parfum chaud, boisé, légèrement citronné et camphré, le parfum emblématique de l’église catholique. C’est la base de tous les encens pontificaux authentiques.

La Myrrhe (Commiphora myrrha)

Deuxième résine biblique par excellence, offerte à Jésus avec l’or et l’encens. La myrrhe est une résine sombre, amère, aux notes balsamiques profondes. Elle est associée depuis l’Antiquité à la purification, au deuil et à la guérison. Dans les mélanges pontificaux, elle apporte de la profondeur et un caractère plus sombre, plus méditatif. Les mélanges utilisés pendant la Semaine Sainte et les funérailles contiennent souvent une proportion plus élevée de myrrhe.

Le Benjoin (Styrax benzoin)

Résine douce et vanillée, originaire d’Asie du Sud-Est. Le benjoin est utilisé depuis des siècles dans les mélanges d’encens liturgiques pour adoucir la fumée, la rendre moins âcre et plus agréable pour les assemblées. Les encens pontificaux modernes en contiennent souvent pour améliorer le confort olfactif.

Autres résines possibles

Selon les maisons et les formules : le copal (résine d’Amérique centrale, utilisée depuis les Aztèques), le labdanum (cistus, Méditerranée), le galbanum (mentionné dans l’Exode), la storax ou le laudanum. Chaque maison d’encens garde jalousement sa formule, comme un parfumeur garde la sienne.

Encens pontifical pour une paroisse ou un usage personnel : comment choisir ?

Pour une sacristie paroissiale

Privilégiez un encens à base d’oliban pur ou d’un mélange oliban/myrrhe, sobre, non irritant, de bonne tenue à la combustion. L’odeur doit être présente sans être écrasante. Vérifiez la teneur en résines naturelles sur l’emballage, évitez les mélanges avec des « parfums » non spécifiés.

Quantité recommandée : un sachet de 500g suffit pour une paroisse à raison d’une utilisation hebdomadaire pendant plusieurs mois.

Pour un usage domestique et la prière personnelle

Les sachets de 100g en résines naturelles, oliban, myrrhe ou benjoin, sont le format idéal. Quelques grains sur un charbon autoallumant suffisent pour parfumer une pièce et créer une atmosphère de prière. Les sachets de 100g représentent plusieurs dizaines de sessions.

Pour un oratoire ou une chapelle privée

Un mélange oliban/benjoin est idéal, l’oliban apporte le caractère liturgique, le benjoin adoucit la fumée et la rend plus agréable dans un espace fermé.

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L’encens pontifical n’est pas un luxe liturgique, c’est une continuité. Deux mille ans de prière montant vers Dieu dans cette fumée blanche, depuis le Temple de Jérusalem jusqu’aux cathédrales de nos villes. Quand le thuribule se balance et que les volutes blanches montent vers les voûtes, c’est toute la tradition de l’Église qui prie avec nous.

Pour en savoir plus sur l’usage liturgique de l’encens, consultez également notre page L’encens dans la liturgie chrétienne →

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